Ceci est, avouons le tout de suite, un exutoire, une tentative de refouler le sentiment d’impuissance qui nous anime par l’extériorisation de ce mal être. En effet aucun mot ne pourra décrire notre indignation face à ce scénario catastrophe auquel nous assistons du fait d’un homme qui a vraisemblablement perdu son équilibre mental et donc tout sens des responsabilités.
On savait déjà que la vieillesse pouvait être une déchéance. Ce qu’on ignorait c’est qu’ accompagnée du vice, de la mégalomanie, d’une soif inextinguible de pouvoir, elle pouvait être le mal absolu.
Abdoulaye Wade est fou, pas de cette folie clinique dont le seul remède est l’internement, pas encore, quoique…Mais de cette folie de grandeur, cette folie destructrice qui en a perdu plus d’un avant lui. Des hommes , à la tête d’Etats en construction ou déjà debout, qui avaient eu un pied dans la postérité avant d’être vomis par l’histoire.
A un âge où d’autres font repentance, prenant conscience de la proximité de leur rendez vous avec la faucheuse, il consume ce qui pourrait lui rester de dignité dans un hypothétique désir d’immortalité. Qui y a-t-il de plus malsain, de plus maléfique, surtout dans nos sociétés, qu’un vieillard qui vole à découvert, qui ment sans vergogne, qui se réfugie derrière des blagues fumeuses ou des justifications douteuses, du genre ma waxoon waxeet pour ajouter le ridicule à la bassesse ?
On aurait pu prendre le parti d’en rire, si l’avenir de tout un peuple n’était assombri par ce déséquilibré, si son inconséquence et ses pitreries n’avaient pas l’enlisement d’un pays pour conséquence, si cette perte de sens n’avait pas été payée au fort prix du sang d’un Mamadou Diop.
Ce muezzin d’un vendredi, de notre prière commune contre l’injustice, tombé comme l’a dit sa maman au champs d’honneur, lâchement assassiné par les sbires d’un illuminé finissant qui, dans une énième tentative de s’auto rassurer, a qualifié cette perte ainsi que toutes les autres de ‘’petite brise’’. Oubliant que même si c’était vrai, si on le lui concédait, cela signifierait que la brise souffle sur les braises allumées par les morts sur lesquels il s’est assis. L’incendie est toute proche, inéluctable. Nous serons là pour en entretenir les flammes dans lesquelles son rêve de monarchisation du Sénégal se consumera.
Si comme disait l’autre : ‘’pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien’’, ici le mal peut , d’ores et déjà, enterrer ses projets funestes car les citoyens libres de ce pays sont plus que jamais déterminés à l’exorciser. Et pas seulement par des prières.
Racine Assane Demba